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Actualité Africaine /CEDEAO : Abidjan accueille la consultation sur l’avenir de l’intégration régionale

Actualité Africaine /CEDEAO : Abidjan accueille la consultation sur l’avenir de l’intégration régionale
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Actualité Africaine /CEDEAO : Abidjan accueille la consultation sur l’avenir de l’intégration régionale

Actualité Africaine /CEDEAO : Abidjan accueille la consultation sur l’avenir de l’intégration régionale
Du 3 au 6 mars 2026, Abidjan a été le théâtre d’une consultation régionale visant à préparer le Sommet sur l’avenir de la CEDEAO, avec pour objectif de renforcer le commerce intra-régional, l’intégration économique et le développement durable en Afrique de l’Ouest.
La cérémonie d’ouverture a été dirigée par le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, Adama Dosso, en présence de représentants des États membres, des institutions communautaires, du secteur privé, de la société civile et de partenaires techniques et financiers.
Cette rencontre stratégique a pour vocation de proposer des recommandations concrètes pour améliorer l’efficacité de l’intégration régionale et stimuler la compétitivité économique de l’espace CEDEAO.
Des acquis mais des progrès encore à réaliser
Le ministre a rappelé les avancées majeures depuis la création de la CEDEAO : libre circulation des personnes, libéralisation des échanges commerciaux et coopération en matière de paix et de sécurité.
Cependant, il a souligné que ces progrès restent limités : le commerce intra-communautaire ne représente que 5,7 % des échanges totaux en 2024. Pour accélérer l’intégration, cinq axes prioritaires ont été identifiés :
Supprimer les barrières non tarifaires pour rendre le marché commun pleinement opérationnel ;
Développer des chaînes de valeur régionales dans des secteurs clés ;
Renforcer les infrastructures de transport, d’énergie et numériques ;
Améliorer la gouvernance économique ;
Moderniser les systèmes statistiques pour mieux suivre les flux commerciaux, y compris informels.
Les participants ont également fixé des objectifs concrets, notamment porter la part du commerce intra-régional à 10 % d’ici 2028 et réduire les délais aux postes frontaliers grâce à la digitalisation des procédures.
La voix du monde rural
Lors de la consultation, des représentants des organisations paysannes, producteurs, planteurs et éleveurs ont pris la parole pour alerter sur les défis spécifiques du monde rural face à l’intégration.
« Les pays occidentaux subventionnent leur agriculture et protègent leurs marchés. Nos exploitations familiales ne peuvent rivaliser avec les multinationales qui produisent sur des milliers d’hectares et vendent à bas prix », a expliqué un acteur du monde rural.
Il a souligné que la majorité des agriculteurs ouest-africains vivent de petites exploitations destinées à nourrir les ménages et les communautés locales, avec des intrants coûteux et des ressources limitées. Selon lui, l’intégration doit tenir compte de ces réalités pour être réellement efficace.
Intégration et ressources naturelles : une priorité pour l’avenir
L’intervenant a insisté sur l’importance de préserver les ressources naturelles afin d’assurer la production agricole sur le long terme. Les bas-fonds, les forêts et les cours d’eau doivent être protégés pour garantir la durabilité des systèmes agricoles dans 20, 50 ou 100 ans.
Il a également déploré le manque d’information et de sensibilisation sur la CEDEAO auprès des populations rurales. Pour lui, l’intégration ne se limite pas à la libre circulation : elle doit inclure les citoyens et valoriser les liens historiques, culturels et alimentaires qui unissent les peuples de la région.
« Si nous voulons une véritable intégration, il faut que tous les citoyens comprennent ce qu’est la CEDEAO et ce qu’elle apporte », a-t-il insisté.
Vers une CEDEAO des peuples
Enfin, il a plaidé pour une approche plus inclusive de l’intégration régionale, où les décisions ne seraient pas uniquement le fait des États, mais impliqueraient également :
les agriculteurs et acteurs économiques ;
les organisations professionnelles ;
la presse et la société civile.
Selon lui, seule une CEDEAO impliquant directement les populations pourra garantir une intégration réelle et durable dans la région.
Aissatou Diallo

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