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28 Octobre 2026
Environnement /mines , l’orpaillage illégal, un fléau aux conséquences multiples au cœur du Café démocratique
L’orpaillage illégal continue de susciter des préoccupations en Côte d’Ivoire, en raison de ses conséquences sur l’environnement, les populations rurales et les activités agricoles. La question était au cœur de la sixième édition du Café démocratique, organisée le vendredi 23 octobre 2026 à l’amphithéâtre du Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP), à Cocody-Mermoz, autour du thème : « L’orpaillage illégal : qui en paie réellement le prix ? ».
Au cours des échanges, les intervenants ont mis en lumière les causes de cette activité clandestine, ses conséquences et les mesures à envisager pour mieux la combattre.
Jean-Luc Kanyagi, ingénieur des mines et économiste des ressources minérales, a notamment souligné l’attractivité de l’orpaillage illégal dans un pays disposant d’importantes potentialités aurifères. Selon lui, la complexité des procédures légales d’exploitation, les exigences administratives et les revenus espérés peuvent pousser certains jeunes vers les sites clandestins.
Face à cette réalité, il estime que les autorités doivent prendre des mesures plus rigoureuses pour lutter contre le phénomène. Il a ainsi déclaré : « Les dégâts qui sont causés à l’environnement et aux populations sont quelquefois irréversibles. »
Pour lui, la réponse ne doit pas se limiter à la répression. Il a également évoqué la possibilité d’impliquer les populations riveraines dans une exploitation encadrée, en leur permettant de bénéficier de certaines zones identifiées, après une formation appropriée. Cette approche pourrait contribuer à créer des activités génératrices de revenus tout en réduisant le recours aux pratiques clandestines.
Le professeur Zungra Ndapalasi, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny et chercheur au Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CIRES), a, pour sa part, insisté sur la nécessité de porter une attention particulière aux victimes de l’orpaillage illégal.
« Le plus important pour nous, c’est ceux qui en pâtissent », a-t-il fait remarquer, en évoquant les populations rurales directement touchées par les conséquences de cette activité.
Les agriculteurs, les enfants et les communautés villageoises figurent parmi les personnes exposées aux effets de la dégradation des terres et de la pollution des eaux. Le chercheur a notamment déploré les conditions environnementales dans certaines zones affectées : « Nous vivons justement dans cet environnement où l’eau est polluée, où la terre n’est pas bonne. »
Pour lui, la lutte contre l’orpaillage illégal exige une mobilisation collective impliquant l’État, les forces de sécurité, les autorités administratives, les élus locaux et les populations rurales. Il estime également que les personnes désireuses de pratiquer l’exploitation artisanale doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement des pouvoirs publics afin d’exercer leurs activités dans un cadre légal.
À travers les échanges, les intervenants ont ainsi souligné la nécessité de concilier la lutte contre les activités clandestines, la protection de l’environnement et la recherche de solutions économiques pour les communautés concernées.
Organisé par le CERAP et la Fondation de l’innovation pour la démocratie, le Café démocratique se veut un cadre de discussion autour des questions qui concernent la société ivoirienne.
Aissatou Diallo