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25 Octobre 2026
La réforme du système électoral ivoirien s’invite de nouveau au cœur du débat politique. Réunis le jeudi 22 octobre au siège du Front populaire ivoirien (FPI), à Abidjan, plusieurs responsables de l’opposition ont présenté une proposition de réorganisation du dispositif électoral. À cette occasion, ils ont plaidé pour l’ouverture d’un dialogue politique avec le gouvernement, estimant qu’une réforme durable doit reposer sur la concertation entre les différentes composantes de la vie nationale.
Cette conférence de presse a notamment réuni Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), et Assalé Tiémoko Antoine, président du mouvement Aujourd’hui et demain, la Côte d’Ivoire (ADCI).
Assalé Tiémoko expose les contours de la réforme
Prenant la parole au cours de cette rencontre, Assalé Tiémoko Antoine a présenté les principales orientations de la proposition commune portée par les organisations participantes. Son intervention a notamment porté sur la composition du futur organe électoral et les modalités de désignation de ses membres.
Le responsable de l’ADCI a défendu le principe d’une structure dont l’impartialité devrait être au cœur du fonctionnement. Selon le projet présenté, la future Autorité électorale nationale indépendante (AENI) serait dirigée par un collège de onze membres qui ne seraient issus ni des partis politiques ni du gouvernement.
La sélection des membres reposerait sur des critères de compétence et d’intégrité. Le dispositif envisagé prévoit également la création d’un comité chargé de présélectionner les candidats, ainsi que des auditions publiques destinées à encadrer le processus de recrutement.
Les initiateurs proposent ainsi de revoir les modalités de désignation des responsables électoraux afin de favoriser une procédure plus transparente. Ces dispositions demeurent toutefois des propositions soumises au débat et ne constituent pas encore le cadre légal définitif du futur organe électoral.
Deux structures pour organiser et surveiller les élections
Au-delà de la composition de l’autorité électorale, la proposition défendue par l’opposition prévoit la mise en place de deux structures complémentaires.
La première, l’Autorité électorale nationale indépendante (AENI), serait chargée de préparer, d’organiser et d’administrer les élections et les référendums. La seconde, dénommée Observatoire permanent des élections (OPE), aurait pour mission de suivre le déroulement du processus électoral, de relever les éventuelles irrégularités et de formuler des recommandations.
À travers cette architecture, les initiateurs souhaitent distinguer la gestion opérationnelle des scrutins de leur observation. Ils espèrent ainsi instaurer un mécanisme susceptible de renforcer la confiance des citoyens et des acteurs politiques dans les résultats électoraux.
Simone Gbagbo appelle à un dialogue sans délai
Intervenant à son tour, Simone Ehivet Gbagbo a insisté sur la nécessité d’engager des discussions entre le gouvernement, l’opposition et la société civile.
La présidente du MGC estime que la réforme électorale ne devrait pas être conduite sans une véritable concertation entre les parties concernées. Elle a notamment appelé les autorités à ouvrir des échanges sur les propositions formulées par les formations politiques.
Pour elle, la confiance dans les élections constitue un enjeu important pour la démocratie et la stabilité du pays. L’objectif est de parvenir à des règles d’organisation électorale auxquelles les différents acteurs puissent adhérer.
Affi N’Guessan plaide pour une réforme consensuelle
De son côté, Pascal Affi N’Guessan a rappelé que la mise en place d’un nouvel ordre électoral devait faire l’objet de consultations et de négociations. Le président du FPI considère que cette réforme ne devrait pas être élaborée par une seule partie, mais tenir compte des préoccupations des différents acteurs politiques.
Il a également exprimé sa solidarité envers des responsables de l’opposition concernés par des procédures judiciaires, notamment au sein du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA).
Une proposition déjà transmise aux autorités
Cette conférence de presse s’inscrit dans la continuité des démarches entreprises par plusieurs formations politiques. Le 5 octobre 2026, des représentants de l’opposition avaient transmis au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé, une proposition commune portant sur la réforme de l’organe électoral.
En présentant publiquement leur projet, les responsables concernés entendent poursuivre les discussions sur les modalités de désignation des membres de la future institution et sur les garanties nécessaires à son indépendance.
La suite de cette initiative dépendra notamment de la réponse des autorités et de la possibilité d’engager un dialogue avec les différentes parties prenantes.
La réforme électorale demeure ainsi un sujet majeur du débat politique ivoirien, entre volonté de réorganisation institutionnelle et appels répétés à la concertation.
Aissatou Diallo